Tuesday, June 12, 2007

Inoubliable et traumatisant!

Germinal vécu au 21e siècle, je pensais difficilement cela possible! Et pourtant, je l'ai vu de mes propres yeux, je l'ai subi avec mon propre corps et je peux vous dire que c'est une expérience qui risque de me marquer pour le reste de ma vie! Potosí, ou la ville la plus puissante du monde au milieu du 17e siècle grâce à la surexploitation de ses mines d'argent. Surnommée Cerro Rico par les espagnols (la colline riche), on comprend mieux pourquoi près de 500 ans plus tard, la colline surplombant la ville continue d'être la ressource économique principale de la région! Mais à quel prix... Près de 15000 personnes travaillent au fin fond de ses mines, dans des conditions de vie épouvantables et dangereuses... L'espérance de vie ne dépasse pas les 45 ans pour ceux qui y travaillent depuis leur enfance! Un peu gênée au début de rentrer dans cet univers particulier, je me laisse finalement emporter pendant 2h30 dans ses labyrintes oscures et sans fin, datant de l'époque coloniale... Les accidents sont très fréquents, mieux vaut ne pas penser aux risques d'éboulements.... L'air y est suffocant, Elodie renonce même à s'y engouffrer après seulement quelques pas dans le tunnel! Il faut dire que l'on n'y voit rien (le flash de l'appareil ne reflète pas du tout la luminosité de l'endroit), les galeries sont très basses, on marche souvent à quatre pattes et on respire toutes sortes de choses très dégueulasses, tels que du soufre ou de l'amiante.

Les mineurs, très gentils, nous font le plaisir de poser pour une petite photo!! Pour eux, nous sommes les gringuitos, les peaux blanches du premier monde en quelque sorte! Puis nous continuons nos escalades musclées contre les parois!

On fait la rencontre au plus profond de notre visite du dieu vénéré par tous les miniers mais redouté par les habitants de la ville, El Tío! Représentation du diable, les miniers lui font régulièrement des offrandes (jusqu'à des foetus de lama) pour encourager la production!
Attention chariots... Sans frein, y'a plutôt intérêt à avoir l'oreille fine et le reflexe vif pour se coller contre les parois de la mine quand ils arrivent!

A plus de 4500 mètres d'altitude et plongée dans les galeries de la mine, mes poumons ont vraiment besoin d'aide pour respirer! Le remède utilisé par tous les mineurs (qui les fait d'ailleurs ressembler à des hamsters), c'est la feuille de coca. Oui oui, c'est bien celle-là qui sert aussi à créer la cocaine. Mais là, on en est bien loin, elle sert seulement de chique pour ouvrir la respiration. Et ça marche, la différence est incroyable!

J'ai aussi la chance de participer à la fabrication d'une dynamite, guidée par les bons conseils d'un ancien mineur.... En vente libre dans cette ville minière, j'ai construit de mes propres mains un explosif très puissant! Une fois la mèche allumée, nous avons exactement 3 minutes pour courir déposer la dynamite au fond du trou à 50 mètres de là et revenir se mettre à l'abri sur la colline... Un peu trop pour moi qui commence comme le lièvre et fini comme la tortue! On n'imagine pas comme c'est dur le sport à cette altitude! Pourtant, je peux pas faire autrement, je dois courir... pour ma vie... Les détonations sont très impressionantes, j'en reviens pas que quelques minutes avant, j'étais en train de poser pour une petite photo avec ça dans les mains!!

Potosí, patrimoine naturel et culturel de l'humanité, porte aussi un pathétique témoignage de l'histoire humaine. L'homme, son travail et le capital, des traditions encore trop fortes pour savoir comment cette ville et sa population pourront un jour sortir de cette condition si extraordinaire à notre époque!

1 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Voix libres!! C'est incroyable!! Dire qu'il y 2 ans on vendait des sacs, des boucles d'oreilles en forme de petites poupées et des roses des sables pour cette association, et là tu y est allée, a Potosi!!
Merci pour ces photos, j'ai hâte que tu me racontes tout ça de vive voix!
cuidate chica,un beso fuerte

Lise

5:13 PM  

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